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Lino Merion : il ne faut rien lâcher, il faut soubat'...

Mis à jour : 19 août 2019

A l'affiche du prochain festival Total Danse, Soubat', le tout premier solo de Lino Merion, jeune danseur et chorégraphe réunionnais. Pour soutenir cette première création, les TÉAT se sont engagés dans un dispositif de co-production. Un dispositif qui a notamment permis à l'artiste de s'installer à la Plaine des Palmistes pour travailler son spectacle...


C'est en août que Lino Merion prend possession du théâtre Luc Agénor à la Plaine des Palmistes. Il a alors deux objectifs : travailler avec Virginie Briand sur les lumières de Soubat', et profiter de sa présence dans les hauts de l'Est pour animer des ateliers de danse avec des associations locales. Et parce que le partage est au coeur de cette démarche, après plusieurs semaines de résidence, ce sont près de 70 palmiplainois qui ont été invités à assister à la toute première représentation de son spectacle.



« Dans la vie, il ne faut rien lâcher... Il faut Soubat ‘ ! »


Il s'agissait donc pour lui, de la toute première confrontation avec le regard du public. Test réussi, le public est conquis ! Le bord de scène improvisé après le spectacle est l’opportunité pour Lino de recueillir les premières impressions : les jeunes de la Plaine des Palmistes sont impressionnés. Mouvements acrobatiques, corps qui se contorsionne, tremble et même vibre pour arriver à des états proches de la transe, le krump est une danse qui fascine le public. Née dans les années 2000 au cœur des quartiers pauvres de Los Angeles, elle véhicule un véritable mode de vie et de moyen d'expression à la dimension quasi spirituelle (danser rapprocherait du divin). Les krumpers extériorisent avec la danse, leur violence et leur rage intérieure, pour mieux les canaliser. Ce que résume aussi autrement Lino : « dans la vie, il ne faut rien lâcher, il faut soubat' ! ». Car Soubat’ c’est une vraie autobiographie dansée d'un parcours long, parfois difficile, fait de combats, mais de combats victorieux...

« La danse m'a permis d’extérioriser, d’exorciser mes problèmes »

L’électrochoc c'est d'abord le clip de Thriller de Mickaël Jackson. Lino a 17 ans, il se met alors à faire du Hip-hop et du break dance dans les rues de Saint-Paul ! Issu d'un milieu modeste, bousculé par des événements familiaux, la danse le libère. Il intègrera ensuite différents crew locaux dont le Crew 100 styl fix, avec lequel il gagnera de nombreuses battle. En 2011, à 24 ans, il commence deux années de formation intensive à Bordeaux. Diplômé, puis repéré par différents chorégraphes, il entame alors une carrière nationale et enchaîne les tournées en France et en Europe.


Parallèlement, il commence à se spécialiser en krump. Sa rencontre avec le krump remonte en 2005 avec la sortie du documentaire Rize de David Lachapelle, mais c'est la rencontre avec Seush en 2012, qui s’avérera déterminante pour sa carrière. Le krumpeur comorien est formel : Lino, ou lé fé pour le Krump ! Une phrase qui résonne dans la tête de Lino et qui fait son chemin. Il devient alors Krumper professionnel. C’est une révélation : toutes les souffrances que j’ai à l’intérieur, je voulais qu’elles sortent et la danse m’a aidé à me canaliser. Avec le krump je lâche tout !

« L'écriture de Soubat' té i fé mal a moin »

Installé en métropole depuis 2014, après plusieurs voyages à Los Angeles, berceau du krump, il fait aujourd'hui son grand retour à la Réunion, après avoir fondé sa propre compagnie : Danse Etik. Il ramène dans ses valises différentes techniques de danse, mais il a surtout fait beaucoup de rencontres qui l’ont forgé. Ce retour sur son caillou c'est l’occasion pour lui de revenir sur son parcours, de le mettre en scène, alors il se met à l'écriture. Mais les choses ne se font pas sans mal. Lino l'avoue : l’écriture de soubat té fait mal à moin, té replonge a moin dan dé choses que moin l’avé mi de côté.

Sensibles à son parcours et à sa démarche artistique, les TÉAT lui ont proposé de co-produire et de programmer sa pièce lors du festival Total Danse 2018. Une équipe s'est constituée autour de lui, avec notamment Virginie Briand pour le travail sur la lumière et Thomas Millot pour la bande son. La composition musicale du beatmaker mêle le bruit des vagues sur les galets du Barachois, à différents sons captés dans les rues réunionnaises pour offrir au danseur une véritable ambiance immersive. Le résultat : une pièce puissante et forte en émotion, où l'on assiste à la naissance d'un grand artiste. Soubat', à découvrir au théâtre Canter le jeudi 22 novembre à 20h dans le cadre du festival Total danse !


Infos et billetterie : http://www.teat.re/Compagnie-Tche-Za-Salim-Mze-Hamadi-Seuch.html

Les ateliers et la résidence au Théâtre Guy Agenor sont réalisés en partenariat avec :



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